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À 16 ans, elle vendait des scooters sans parler anglais. Elle a ensuite cofondé Deel, valorisée 17,3 milliards de dollars.
Shuo Wang arrive aux États-Unis à 16 ans en parlant très peu anglais. Le week-end, elle aide sa mère à vendre des scooters sur les marchés aux puces. Elle deviendra ingénieure en robotique au MIT, créera une première entreprise, puis co-fondera Deel, une plateforme qui simplifie le recrutement et la paie à l'international. En octobre 2025, Deel annonce une valorisation de 17,3 milliards de dollars. Derrière ce parcours spectaculaire se cache une méthode étonnamment constante : observer les problèmes concrets, écouter ceux qui les rencontrent et construire des systèmes capables de les résoudre.
Par Florent Despréaux

À Baltimore, les marchés aux puces comme première école de commerce
L'histoire commence loin de la Silicon Valley.
À 16 ans, Shuo Wang quitte le nord-est de la Chine pour s'installer à Baltimore, aux États-Unis, avec sa mère.
L'adolescente parle encore très peu anglais. Sa mère exerce une activité d'import-export de motos et de scooters.
Le week-end, Shuo l'aide à vendre des véhicules sur les marchés aux puces. Elle participe aussi à leur manutention, allant parfois jusqu'à utiliser un chariot élévateur pour les déplacer.
Autour d'elle, les autres vendeurs proposent des fruits, de la nourriture et des objets du quotidien.
Elle vend des scooters.
La différence est immédiatement visible.
Même lorsqu'elle peine à communiquer avec les clients, certains s'arrêtent, regardent les véhicules et finissent par acheter.
Cette expérience lui laisse une conviction durable : un bon produit, présenté au bon public, peut susciter de l'intérêt avant même qu'un vendeur n'ait trouvé les mots pour le défendre.
Dans ses entretiens avec Forbes, elle revient sur cette période comme sur sa première véritable expérience commerciale.
Ce n'est pas une formation au marketing au sens traditionnel.
C'est un apprentissage de terrain.
Pourquoi certains produits attirent-ils immédiatement l'attention ? Qu'est-ce qui déclenche un achat ? Comment reconnaître un besoin avant de chercher à convaincre ?
Avant d'apprendre à vendre, Shuo Wang apprend à observer ce qui se vend.
Cette intuition accompagnera toute sa carrière.
Le MIT : apprendre à penser comme une ingénieure
En 2009, Shuo Wang rejoint le Massachusetts Institute of Technology.
Elle choisit le génie mécanique et s'intéresse particulièrement à la robotique.
Son travail universitaire porte notamment sur des dispositifs permettant d'étudier la fatigue musculaire de la cheville. Elle évolue également dans l'environnement du laboratoire d'informatique et d'intelligence artificielle du MIT.
Sa formation lui apprend à décomposer des problèmes complexes.
Un robot ne fonctionne pas parce qu'une pièce est brillante ou qu'un algorithme paraît sophistiqué.
Il fonctionne lorsque ses capteurs, ses moteurs, ses mécanismes et ses logiciels interagissent correctement.
Plus tard, cette manière de raisonner se retrouvera dans sa conception du management.
Shuo Wang ne considère pas la croissance commerciale comme une simple affaire de charisme.
Lors d'une intervention en 2022, reprise par Forbes, elle décrit la vente comme une science plutôt que comme un art.
Dans cette approche, construire une équipe commerciale ressemble à un projet d'ingénierie.
Il faut comprendre les étapes, identifier les obstacles, mesurer les résultats et améliorer les processus.
Le principe ne consiste pas à transformer les salariés en machines.
Il consiste à éviter qu'une organisation entière dépende uniquement du talent exceptionnel de quelques personnes.
Le mot qui relie ses études et sa carrière est celui de « système ».
Concevoir un mécanisme, comprendre ses défaillances et le rendre plus fiable : la même méthode peut s'appliquer à une machine comme à une entreprise.
Avant Deel, une première aventure dans la purification de l'air
Shuo Wang ne passe pas directement du MIT aux logiciels de ressources humaines.
Elle entreprend d'abord dans un tout autre secteur.
Avec Pierre Bi, qu'elle a rencontré au MIT, elle cofonde Aeris, une entreprise spécialisée dans les systèmes de purification de l'air.
Elle y occupe des fonctions techniques et retourne vivre en Chine pendant plusieurs années afin de contribuer à son développement.
Le secteur n'a apparemment rien à voir avec la paie internationale.
Il va pourtant lui fournir une expérience décisive.
Aeris travaille avec des équipes, des designers, des prestataires et des fournisseurs répartis dans plusieurs pays.
Identifier un partenaire compétent est une première difficulté.
Lui verser sa rémunération correctement, dans un cadre réglementaire adapté, en est une autre.
Shuo Wang raconte avoir été directement confrontée à ces frictions.
Chaque pays possède ses règles, ses pratiques bancaires et ses exigences contractuelles.
Des opérations qui paraissent simples à l'échelle d'une ville deviennent considérablement plus compliquées lorsqu'elles traversent les frontières.
Aeris connaîtra ensuite une issue industrielle : l'entreprise est rachetée par iRobot en novembre 2021, une opération confirmée dans les documents financiers du fabricant de robots.
Mais Shuo Wang a déjà quitté l'aventure.
Elle s'apprête à utiliser ce qu'elle a appris pour attaquer un problème beaucoup moins visible que la pollution de l'air.
Pourquoi une entreprise peut-elle communiquer instantanément avec quelqu'un à l'autre bout du monde, mais rencontrer autant de difficultés pour l'embaucher et le payer ?
Deel : une idée que les clients ont obligée à changer
En 2019, Shuo Wang se lance dans un nouveau projet avec Alex Bouaziz, également passé par le MIT.
Ils rejoignent Y Combinator, l'accélérateur de start-up californien.
Leur idée initiale n'est pas encore le Deel que nous connaissons.
Dans un entretien publié par Deel en juillet 2026, Wang explique qu'ils envisageaient d'abord une solution de paiement en cryptomonnaies pour les créateurs de contenu.
Le projet évolue rapidement.
Pendant leur promotion chez Y Combinator, les deux entrepreneurs discutent avec près de 200 entreprises afin de comprendre leurs difficultés réelles.
Ils interrogent leurs interlocuteurs sur leurs outils, leurs recrutements et les problèmes qu'ils aimeraient résoudre.
Les réponses font émerger un sujet récurrent.
Les entreprises peuvent trouver des collaborateurs compétents dans d'autres pays, mais elles ne savent pas toujours comment organiser leurs contrats, leurs paiements et leurs obligations locales.
Les deux fondateurs réorientent leur projet.
Au lieu de construire une solution séduisante en attendant de trouver les clients correspondants, ils construisent une solution à partir des difficultés exprimées par ces clients.
Deel prend forme autour de la gestion des travailleurs internationaux.
Son ambition : permettre à une entreprise de recruter, contractualiser et rémunérer des personnes installées dans différents pays, à partir d'une plateforme commune.
Le parallèle avec l'adolescente des marchés aux puces devient frappant.
À Baltimore, Shuo Wang avait découvert qu'un produit pouvait trouver son public lorsqu'il répondait à une demande évidente.
À Y Combinator, elle applique cette même logique à un service numérique.
La première innovation de Deel n'est pas une technologie spectaculaire. C'est d'avoir identifié une complexité que ses futurs clients étaient prêts à payer pour réduire.
Deux cofondateurs, un problème mondial
Alex Bouaziz devient directeur général de Deel.
Shuo Wang occupe le poste de directrice des revenus, ou Chief Revenue Officer (CRO).
Cette répartition des rôles est importante.
La direction générale supervise l'entreprise dans son ensemble.
La fonction commerciale de Wang doit, quant à elle, transformer le besoin identifié en acquisition de clients, en revenus et en croissance durable.
Mais le produit qu'ils développent dépasse largement un logiciel de facturation.
Employer une personne dans un autre pays suppose parfois de tenir compte du droit du travail local, des déclarations, des cotisations sociales, des devises, des avantages sociaux et du statut contractuel.
L'entreprise cherche à centraliser ces démarches.
Elle développe progressivement des services pour les travailleurs indépendants, les salariés embauchés par des entités locales et les entreprises qui ont besoin d'un intermédiaire pour employer du personnel à l'étranger.
En septembre 2020, Deel annonce une levée de fonds de 30 millions de dollars.
À cette époque, l'entreprise explique déjà prendre en charge des milliers de travailleurs et collaborer avec plus de 500 sociétés.
La pandémie accélère l'intérêt pour le travail à distance.
Mais la question traitée par Deel n'est pas limitée au télétravail.
Elle concerne plus largement la possibilité d'organiser une activité économique sans imposer que tous les talents se trouvent dans la même ville, voire dans le même pays.
Le défi reste immense.
Une interface unique doit donner accès à des opérations qui demeurent, derrière l'écran, profondément locales.

Le véritable produit de Deel n'est pas seulement son logiciel
Voici ce qui rend son modèle plus complexe qu'il n'y paraît.
Une application peut afficher les mêmes boutons à Paris, New York ou Singapour.
Mais une fiche de paie ne se construit pas de la même façon dans ces trois villes.
Les prélèvements, les obligations sociales et les règles contractuelles dépendent de chaque juridiction.
Deel doit donc organiser deux niveaux de fonctionnement.
En surface, l'expérience utilisateur cherche à rester simple.
En profondeur, l'entreprise doit construire ou coordonner une infrastructure juridique, administrative, bancaire et opérationnelle.
Dans son portrait de Shuo Wang publié en juillet 2026, Deel explique avoir choisi de développer une partie importante de cette infrastructure directement, plutôt que de dépendre uniquement d'intermédiaires locaux.
L'entreprise indique notamment opérer plusieurs centaines de comptes bancaires dans de nombreux pays.
Ces données proviennent de Deel et décrivent son modèle revendiqué ; elles ne constituent pas une certification indépendante de sa conformité dans toutes les juridictions.
Mais elles éclairent une réalité économique majeure.
Plus une entreprise simplifie l'expérience visible de ses clients, plus elle peut devoir absorber de complexité dans ses propres opérations.
Deel ne vend donc pas uniquement un accès à un logiciel.
Elle vend une promesse de coordination internationale.
C'est ce qui rend son activité attractive, mais aussi difficile à reproduire et exigeante à sécuriser.

Shuo Wang : une ingénieure à la tête de la machine commerciale
Chez Deel, la fonction de Shuo Wang ne consiste pas simplement à présenter le produit aux prospects.
Elle participe à la structuration d'une organisation capable de vendre à grande échelle.
Selon Forbes, elle a personnellement participé au recrutement des 400 premiers collaborateurs de Deel.
Elle raconte également son implication initiale dans le support client.
Pour une dirigeante responsable du développement commercial, ces activités peuvent sembler éloignées de la stratégie.
Elles répondent pourtant à une logique précise.
Les équipes de support découvrent très tôt les problèmes que les clients rencontrent réellement.
Les entretiens de recrutement permettent de comprendre quelles compétences et quelles pratiques seront reproduites à mesure que l'organisation grandira.
L'entreprise développe ensuite ses outils et ses processus commerciaux autour de cette expérience.
Shuo Wang insiste sur la nécessité de mesurer, d'organiser et d'ajuster la croissance.
Mais la progression rapide de Deel crée aussi des difficultés.
Dans une intervention consacrée à l'hypercroissance, elle reconnaît des erreurs : équipes développées au mauvais moment, problèmes de coordination, épuisement et fonctionnalités livrées trop tard.
C'est une dimension essentielle de son parcours.
La croissance ne résout pas automatiquement les problèmes d'organisation.
Elle peut au contraire les multiplier.
À mesure que Deel grandit, le défi de Shuo Wang devient de construire une entreprise capable de fonctionner sans dépendre constamment de ses fondateurs.
De 500 millions à 1,5 milliard de dollars de revenus récurrents annualisés
La trajectoire financière revendiquée par Deel est spectaculaire.
En mars 2024, la société annonce avoir dépassé 500 millions de dollars de revenus annuels récurrents, un indicateur couramment désigné par son acronyme anglais ARR.
En octobre 2025, Deel annonce une nouvelle levée de fonds de 300 millions de dollars, portant sa valorisation à 17,3 milliards de dollars.
À cette date, l'entreprise indique également avoir dépassé le milliard de dollars de revenus récurrents annualisés.
En juillet 2026, dans un portrait publié sur son propre site, Deel présente un niveau d'activité de 1,5 milliard de dollars d'ARR et revendique environ 40 000 entreprises clientes.
Il faut distinguer trois choses.
L'ARR est un indicateur annualisé de revenus récurrents à un moment donné. Il ne correspond pas nécessairement au chiffre d'affaires effectivement enregistré pendant les douze mois précédents.
La valorisation de 17,3 milliards de dollars reflète la valeur attribuée à Deel dans le cadre d'un tour de financement. Elle ne représente ni son chiffre d'affaires ni sa trésorerie disponible.
Enfin, ces montants ne sont pas la fortune personnelle de Shuo Wang.
Les données opérationnelles sont largement communiquées par Deel. Elles donnent des indications sur son développement, mais leur présentation ne doit pas être confondue avec celle d'états financiers publics intégralement audités.
Cette précision ne retire rien à l'ampleur de la croissance annoncée.
Elle permet simplement de comprendre ce que mesurent réellement les chiffres.
Une nouvelle étape : l'IA s'invite dans les systèmes de Deel
En 2026, Shuo Wang décrit une autre transformation de l'entreprise.
Cette fois, elle ne concerne pas seulement les clients de Deel.
Elle concerne ses propres équipes.
Dans un entretien publié par Deel, elle explique avoir participé à un déploiement rapide des outils d'intelligence artificielle au sein de l'organisation.
Selon l'entreprise, l'accès à Claude, l'assistant d'Anthropic, serait passé d'une centaine de licences à environ 7 000 en une semaine.
Les ingénieurs utilisent notamment des outils d'aide à la programmation.
Les équipes commerciales et opérationnelles cherchent, elles, à automatiser certains processus et à mieux exploiter les informations disponibles.
Ces chiffres et ces usages reposent sur les déclarations de Deel. Ils ne démontrent pas à eux seuls des gains de productivité mesurés indépendamment.
Mais l'initiative révèle une continuité dans le parcours de Wang.
Elle ne présente pas l'IA comme une simple manière de produire davantage de documents.
Elle la relie à la conception des processus de l'entreprise.
Après la robotique, les systèmes commerciaux et l'infrastructure internationale, une nouvelle question se pose : comment organiser le travail lorsqu'une partie croissante des tâches peut être assistée ou automatisée ?
Pour Shuo Wang, l'enjeu ne semble plus seulement de vendre un logiciel. Il est aussi de transformer la façon dont l'entreprise qui le produit fonctionne elle-même.
Derrière la réussite, des questions réglementaires et des litiges
L'histoire de Deel serait incomplète si elle se limitait à ses levées de fonds.
L'entreprise exerce une activité dont la valeur repose notamment sur la gestion de règles juridiques complexes.
Cela l'expose à des questions particulièrement sensibles.
En 2024, Forbes rapporte les préoccupations formulées par plusieurs parlementaires américains concernant la qualification de certains travailleurs en tant qu'indépendants.
La question est importante : le statut d'un travailleur peut déterminer ses droits, sa protection sociale et les obligations de son employeur.
L'article indique également que Deel a échangé avec les responsables politiques concernés pour répondre à leurs interrogations.
Il s'agit de préoccupations et d'allégations rapportées, et non de la démonstration d'une violation systématique du droit du travail.
L'entreprise est par ailleurs engagée depuis 2025 dans un conflit judiciaire avec son concurrent Rippling, autour d'accusations de pratiques commerciales déloyales et d'espionnage d'entreprise.
Deel conteste les accusations portées contre elle et a engagé ses propres procédures.
À l'automne 2026, ces différends ne peuvent pas être présentés comme définitivement tranchés dans leur ensemble.
Ils soulignent néanmoins l'enjeu central du secteur.
Pour un prestataire de paie et de ressources humaines, la confiance n'est pas un simple argument commercial.
Elle constitue une partie fondamentale du service vendu.
Les entreprises clientes confient à ces plateformes des informations sensibles, des responsabilités administratives et parfois des opérations déterminantes pour la rémunération de leurs collaborateurs.
La croissance d'une plateforme internationale ne peut donc être jugée uniquement à la vitesse de ses ventes. Elle doit aussi être appréciée à l'aune de sa fiabilité et de sa conformité.
Des scooters aux logiciels mondiaux : le même réflexe entrepreneurial
À première vue, il existe peu de points communs entre les marchés aux puces de Baltimore, les laboratoires de robotique du MIT et une entreprise mondiale spécialisée dans la paie.
Le premier univers est celui du commerce de terrain.
Le deuxième, celui de l'ingénierie.
Le troisième, celui des logiciels, de la finance et du droit du travail.
Dans le parcours de Shuo Wang, ces trois expériences finissent pourtant par se rejoindre.
Sur les marchés aux puces, elle apprend qu'un produit doit répondre à une demande identifiable.
Au MIT, elle découvre comment construire des systèmes capables de fonctionner de manière fiable.
Chez Aeris, elle rencontre les obstacles du travail entre plusieurs pays.
Puis, avec Alex Bouaziz, elle cherche à organiser une solution commerciale à grande échelle.
Ce parcours ne signifie pas qu'il existe une recette simple pour construire une entreprise valorisée plusieurs milliards de dollars.
Deel a bénéficié de financements importants, d'un contexte favorable au travail international, du travail de ses équipes et de choix stratégiques dont certains restent débattus.
Mais son histoire offre une leçon plus intéressante que le cliché de la réussite fulgurante.
Un problème quotidien, apparemment peu spectaculaire, peut devenir un marché immense lorsqu'il touche suffisamment de personnes et qu'une entreprise parvient à le résoudre à grande échelle.
À 16 ans, Shuo Wang devait aider sa mère à vendre des scooters à des clients qu'elle comprenait encore difficilement.
Des années plus tard, elle participe à la construction d'une entreprise qui veut permettre à des personnes situées dans des pays différents de travailler ensemble.
Les produits ont radicalement changé.
Le problème de fond demeure : comment faire disparaître une friction qui empêche deux personnes de réaliser une transaction ?
Et si les entreprises les plus importantes de demain n'étaient pas nécessairement celles qui inventent les besoins les plus spectaculaires, mais celles qui rendent enfin simples les opérations que le monde considère encore comme compliquées ?
Sources
- How This Chinese Immigrant Became One Of America's Most Successful Self-Made WomenForbes · Phoebe Liu et Kenrick Cai · 30 mai 2024
- How Shuo Wang built Deel by breaking conventionDeel · Kim Cunningham · 13 juillet 2026
- Our Series E: Building the global infrastructure of workDeel · Deel · 20 octobre 2025
- Deel — Winter 2019Y Combinator · Y Combinator
- Deel Raises $30 Million in Series B FundingBusiness Wire · Deel · 9 septembre 2020
- iRobot Annual Report 2021 — Aeris Cleantec acquisitioniRobot / SEC · iRobot
- Deel Co-Founder Shuo Wang On Scaling A Modern Tech UnicornForbes · Forbes · 17 juin 2026
- People Center, Inc. v. Deel, Inc. — proceedingUS District Court, Northern District of California · United States District Court
- Shuo Wang — Leadership Team / Deel Press KitDeel · Deel
- Deel — All-in-one global people platformDeel · Deel


