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Storie DécryptageRunning / Marathon

3 km en spirale, huit étages et 2 567 inscrits : comment la Vortex Race a transformé une résidence étudiante en course à guichets fermés

Huit niveaux, une rampe de 2,6 km et un bâtiment circulaire transformé en piste. Le 17 octobre 2026, la Vortex Race à Lausanne a rassemblé 2 133 personnes au départ pour 2 567 inscrits. Comment une idée étudiante est-elle devenue un rendez-vous sportif et festif dans une résidence construite pour les Jeux olympiques de la Jeunesse ?

Par Florent Despréaux

Date d’observation :

Lieu : Lausanne, Suisse

Reconstitution STORIMITIK de coureurs montant en spirale dans la résidence Vortex illuminée de nuit à Lausanne, avec 2 567 inscriptions et 2 133 participants au départ en 2026.
RECONSTITUTION ÉDITORIALE GÉNÉRÉE STORIMITIK — Scène fictive inspirée du Vortex. Les chiffres d'inscriptions et de départs proviennent du bilan officiel de Vortex Racing 2026.

Une course de trois kilomètres, huit étages à gravir et pas un seul escalier : à Lausanne, la Vortex Race transforme une résidence étudiante en piste de running. De l'extérieur, le bâtiment ressemble à un anneau posé sur le campus. À l'intérieur, ses coursives dessinent une spirale continue que les coureurs remontent sous les yeux de leurs voisins et des spectateurs.

Le 17 octobre 2026, cette drôle de compétition a vécu sa sixième édition. L'organisation annonce 2 567 personnes inscrites, 2 133 au départ et 65 nationalités représentées. C'est plus qu'une curiosité architecturale : un événement lancé par des étudiants est devenu un rendez-vous sportif et festif dont les dossards se sont épuisés avant le jour J.

Une résidence bâtie autour d'une rampe de près de trois kilomètres

Le Vortex se trouve sur le campus de l'Université de Lausanne, sur le territoire de Chavannes-près-Renens. Conçu par l'architecte Jean-Pierre Dürig, le bâtiment a d'abord accueilli des athlètes des Jeux olympiques de la Jeunesse de Lausanne en janvier 2020, avant de devenir une résidence pour étudiants et hôtes académiques. L'Université de Lausanne y dénombre notamment 828 chambres et studios.

Sa forme frappe immédiatement : une couronne de plus de 130 mètres de diamètre extérieur, avec une cour centrale ouverte. Surtout, les niveaux sont reliés par une rampe hélicoïdale. L'Université a décrit le projet architectural comme une rampe d'environ 2,8 km pour monter jusqu'à une hauteur proche de 27 mètres. Une rue intérieure plutôt qu'une cage d'escalier.

Ce détail a tout changé pour les organisateurs de la course. L'idée paraît absurde à raconter : courir autour d'un immeuble jusqu'à son huitième étage. Mais dans cette architecture, l'ascension se fait progressivement, par une montée douce, continue et visible depuis la cour intérieure.

Trois kilomètres de course, dont 2,6 km de coursive

La Vortex Race Classique est annoncée sur 3 km. Son règlement 2026 précise que la course emprunte 2,6 km de coursive intérieure jusqu'au sommet. Ce chiffre décrit la partie du bâtiment utilisée par l'épreuve ; il ne doit pas être confondu avec les quelque 2,8 km de rampe mentionnés dans les documents architecturaux, ni avec les 3 km du parcours entier.

Les concurrents enchaînent huit tours et gravissent huit niveaux sur une pente d'environ 1 % selon l'organisateur. La montée est donc très différente d'une course dans des escaliers : elle se court en foulées, avec un effort continu. L'architecture donne à la progression une dimension spectaculaire, sans qu'il soit nécessaire d'inventer un dénivelé précis propre au tracé chronométré.

Schéma original STORIMITIK montrant la spirale du Vortex : huit niveaux, coursive intérieure empruntée sur 2,6 km et deux courses annoncées sur 3 et 7 km.
DATAVIZ STORIMITIK — Règlement et FAQ de la Vortex Race 2026, documentation architecturale UNIL. Représentation pédagogique, non plan à l'échelle.

Pour un coureur, la difficulté ne se résume pas au pourcentage de pente. Répéter les mêmes courbes, ne jamais voir une longue ligne droite et chercher ses repères d'un étage à l'autre peuvent changer la perception de l'effort. Ce sont des caractéristiques possibles de l'expérience, pas des mesures de fatigue ou de performance publiées par les organisateurs.

Un format Campus de 7 km, et une version sans pression du chrono

L'événement propose une autre porte d'entrée : le Campus 7 km. Les participants traversent d'abord les chemins du campus de l'UNIL, puis terminent par l'ascension complète du Vortex. Le résultat est un effort plus long avant d'attaquer la spirale.

Le format classique peut se courir en solo, en équipe de trois à cinq personnes ou en formule libre. En équipe, le classement repose sur le temps moyen des membres. La formule « Any Pace » donne la possibilité de prendre part à l'expérience sans classement final : l'organisation y associe musique, convivialité et déguisements.

En 2026, l'inscription était affichée à 12 francs suisses pour les formats classiques de 3 km, et à 16 francs pour les 7 km Campus, hors éventuels frais de paiement. Ces prix sont ceux de l'édition achevée, pas un tarif garanti pour 2027.

Une course née d'une idée étudiante devenue complète

La Vortex Race n'est pas l'émanation d'un grand marathon international. Selon son site officiel, elle a été créée par un groupe d'étudiants, et sa première édition remonte à 2021. Le bâtiment, initialement destiné à l'hébergement, est devenu la scène principale de l'événement.

L'engouement n'est pas apparu en une nuit. En octobre 2025, le média suisse Watson signalait 2 000 inscriptions, toutes réservées plusieurs semaines avant la course. Il rapportait aussi que les vidéos tournées par les participants participaient à faire connaître la manifestation au-delà du campus.

En 2026, le site de la Vortex Race annonçait une limite de 2 500 dossards et affichait complet. Son bilan de fin d'édition indique finalement 2 567 inscrits. Il faut distinguer cette inscription du nombre de personnes ayant effectivement pris le départ : 2 133, soit 83 % selon les organisateurs. La météo pluvieuse a constitué l'un des défis de la journée.

Le comité a également annoncé un peloton âgé de 15 à 73 ans et issu de 65 nationalités. Ces chiffres illustrent la diversité des profils présents, pas nécessairement un recrutement international organisé : de nombreux étudiants de Lausanne viennent déjà de différents pays.

Les chiffres d'une fête sportive

Le bilan officiel donne une information sur le renouvellement du public : 75 % des participants découvraient la course pour la première fois. L'édition comptait aussi 134 équipes et 43 % de femmes parmi les personnes classées. Il serait trompeur de présenter ce dernier pourcentage comme la part féminine de tous les inscrits, puisque sa base est celle des classés.

Reconstitution nocturne de la cour centrale du Vortex animée par un rassemblement de coureurs, un DJ et des espaces de restauration après la course.
RECONSTITUTION ÉDITORIALE GÉNÉRÉE STORIMITIK — Ambiance inspirée des animations décrites par l'organisation ; ne représente pas une photographie de l'édition 2026. Bilan officiel : 75 % de nouveaux participants, 134 équipes, 43 % de femmes parmi les classés.

On comprend mieux l'intérêt de ce lieu lorsqu'on imagine la scène : des coureurs qui tournent sur les coursives, d'autres qui attendent leur départ, et le cœur du bâtiment devenu espace de rencontres. Le site officiel prévoit un village, des animations et un moment festif après l'effort. L'architecture permet de regarder la course depuis différents niveaux, ce qui change le rapport entre participants et spectateurs.

La Vortex Race a aussi sa dimension compétitive. Les résultats 2026 mentionnent un record sur le tracé Campus 7 km : Thibault Rivier a été annoncé en 20 min 58,9 s par le comité. Mais la course ne se définit pas uniquement par le meilleur chrono : ses formats en équipe et sans classement ouvrent le même décor à des profils très différents.

Un lieu que les réseaux sociaux savent montrer en quelques secondes

Le spectacle de la spirale se prête particulièrement à la vidéo : il suffit de prendre de la hauteur pour voir les coureurs se succéder sur des lignes courbes, au-dessus de la cour. Robin Favre, membre de l'organisation, a évoqué sur LinkedIn 1,3 million de vues sur Instagram en trente jours pour les contenus autour de l'événement. Ce chiffre est une déclaration de l'organisateur, non une mesure indépendante de l'audience cumulée.

Une architecture immédiatement identifiable et une règle facile à expliquer — courir en rond jusqu'au sommet — constituent un sujet qui se transmet bien en images. La viralité peut aider une petite course à dépasser le bouche-à-oreille, sans que cela suffise à démontrer un impact économique ou touristique précis.

Le paradoxe est que ce lieu très photogénique reste complexe à utiliser. L'organisateur souligne que recevoir des milliers de participants et de spectateurs en quelques heures réclame une logistique importante. Les vagues de départ, la récupération des dossards, la sécurité et la circulation dans le bâtiment ne relèvent pas du simple décor.

Ce que les futurs participants doivent retenir

Deux distances sont proposées aujourd'hui : les 3 km de la Classique et les 7 km du Campus. Les premières correspondent à une ascension continue, les secondes ajoutent une boucle extérieure. Les conditions précises, notamment les horaires, les tarifs et les catégories, doivent toujours être vérifiées dans le règlement de chaque édition.

Le bâtiment est accessible par le métro m1 à l'arrêt UNIL-Sorge. Il ne faut pas en déduire qu'une date ou un calendrier d'inscription 2027 est déjà arrêté : au 24 octobre 2026, l'organisation ne publie pas encore de date confirmée pour la prochaine édition.

Le site officiel héberge également l'aftermovie de l'édition 2025. Cette vidéo permet de comprendre le parcours et l'ambiance, mais elle illustre 2025, pas les chiffres de participation et les résultats sportifs de 2026.

Pourquoi cette course est plus qu'une curiosité

La Vortex Race illustre une autre manière d'imaginer une épreuve de running. Elle ne repose ni sur une distance mythique ni sur un paysage de montagne, mais sur la transformation d'un bâtiment quotidien en terrain d'aventure. Le lieu devient le concept, le parcours devient l'image, et la communauté donne sa force à l'événement.

Entre une résidence étudiante de huit niveaux et plus de deux mille coureurs au départ, l'écart paraît immense. Il tient pourtant dans une idée très simple : prendre une rampe que l'on emprunte normalement pour rentrer chez soi, et en faire une course que l'on vient vivre — ou regarder — de toute la région.

Immersion en vidéo

Hébergée sur YouTube

Aftermovie officiel Vortex Race 2025, référencé sur vortexrace.ch. Archive illustrant le bâtiment et l'ambiance ; les chiffres cités dans le décryptage correspondent à l'édition 2026.

Sources