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Storie DécryptageRunning / Marathon

20 km, un col à 327 m et 20 000 coureurs : pourquoi Marseille-Cassis est devenu un mythe du running français

Du Vélodrome à Cassis, la 47e édition de Marseille-Cassis a réuni 19 644 finishers le 25 octobre 2026. Derrière ces 20 kilomètres et le col de la Gineste, à 327 mètres, une histoire commencée en 1979 explique la place à part de cette classique du running français.

Par Florent Despréaux

Date d’observation :

Lieu : Marseille et Cassis, Bouches-du-Rhône, France

Marseille-Cassis 2026 : coureurs sur la route des Calanques, paysage méditerranéen, titre éditorial 20 km, col à 327 m et 19 644 finishers, logo maître STORIMITIK.
PHOTOGRAPHIE DE COURSE FOURNIE PAR L'UTILISATEUR — Montage éditorial STORIMITIK. Droits de republication déclarés acquis par l'utilisateur. Données : Marseille-Cassis AG2R LA MONDIALE, bilan du 29 octobre 2026.

À Marseille, les coureurs se rassemblent aux abords du Vélodrome. Vingt kilomètres plus loin, ils rejoignent Cassis, après un passage par le col de la Gineste et les paysages du Parc national des Calanques. Le dimanche 25 octobre 2026, la 47e édition de Marseille-Cassis a rassemblé 19 644 finishers selon le bilan publié par l’organisateur le 29 octobre. Le chiffre raconte l’ampleur de l’événement ; il ne suffit pas à expliquer sa place dans l’histoire du running français.

Pourquoi cette course conserve-t-elle, depuis 1979, une identité aussi forte ? Parce qu’elle associe trois ingrédients difficiles à reproduire : un parcours immédiatement reconnaissable, une difficulté sportive partagée et un rendez-vous populaire transmis de génération en génération.

1979 : un pari entre Marseille et Cassis

L’histoire commence avec André Giraud, habitué à s’entraîner sur la route de la Gineste. Avec la SCO Sainte-Marguerite et le soutien de la Ville de Cassis, il imagine une course reliant les deux communes. La première édition se déroule le 28 octobre 1979 : plus de 700 coureurs prennent le départ, sur un itinéraire alors long de 22 kilomètres.

Le succès transforme progressivement l’aventure locale en classique internationale. Les distances et les lieux d’arrivée évoluent : 21,1 kilomètres au début des années 1980, 20,308 kilomètres en 1987, puis un format officiel de 20 kilomètres adopté en 2012. Il ne faut donc pas confondre Marseille-Cassis avec un semi-marathon réglementaire, dont la distance est de 21,0975 kilomètres.

Le développement se mesure aussi à la participation. Dès 1988, l’épreuve franchit le cap des 10 000 coureurs selon l’historique de l’organisateur. À partir de 2017, l’arrivée quitte le port de Cassis pour les hauteurs de la commune, au milieu des vignes. Le parcours change à la marge, mais la promesse reste la même : rejoindre Cassis par la Gineste.

Le col de la Gineste, au cœur du récit

Le départ 2026 était donné à 9 heures sur le boulevard Michelet, près du CEPAC Vélodrome. Les coureurs empruntent ensuite la route de la Gineste. Le col, situé autour du dixième kilomètre, atteint 327 mètres d’altitude : un repère géographique aussi important que la distance totale.

La difficulté ne tient pas seulement au sommet : il faut gérer la montée sans puiser trop tôt dans ses réserves, puis rester efficace dans la descente vers Cassis. Sur un parcours de 20 kilomètres, cette alternance donne une identité à l’effort. La vue sur les reliefs et la Méditerranée fait partie de l’expérience, mais ne supprime ni le dénivelé ni la fatigue.

Pour l’édition 2026, l’organisateur prévoyait trois ravitaillements principaux aux 5e, 10e et 15e kilomètres. Le sommet de la Gineste servait aussi de repère temporel : la réglementation fixait un maximum de 1 h 30 pour y parvenir, puis un temps limite de trois heures pour terminer, calculé à partir de la dernière vague de départ.

Vue du parcours Marseille-Cassis au col de la Gineste, peloton de coureurs sur les lacets, montagne et route en arrière-plan. Infographie STORIMITIK.
PHOTOGRAPHIE FOURNIE PAR L'UTILISATEUR — Visuel V2 validé : mécanique du parcours et col de la Gineste, 327 m. Montage éditorial STORIMITIK. Droits de republication déclarés acquis.

19 644 finishers : un rendez-vous populaire, pas seulement une course de champions

Le chiffre officiel de l’édition 2026 est de 19 644 finishers. Il désigne les personnes ayant terminé l’épreuve, et ne doit pas être confondu avec le nombre d’inscrits ou de coureurs présents sur la ligne de départ. La présentation de l’épreuve évoquait de son côté 20 000 inscrits, soit une autre mesure.

Au sommet de la compétition, le Kényan Kiprop Kimutai a gagné la course masculine en 58 min 36 s, tandis que la Française Alessia Zarbo remportait l’épreuve féminine en 1 h 09 min 04 s, selon les classements publiés après la course. Mais l’identité de Marseille-Cassis dépasse les podiums : pour des milliers d’amateurs, franchir le col puis atteindre Cassis constitue déjà un objectif sportif à part entière.

Cette coexistence entre élite et amateurs contribue à la réputation de l’épreuve. Les participants empruntent le même parcours, rencontrent la même montée et partagent la même ligne d’arrivée, tout en poursuivant des ambitions très différentes : performance chronométrique, défi personnel, découverte des paysages ou tradition familiale.

Expérience des coureurs à Marseille-Cassis : foule des participants, départ au Vélodrome et arrivée à Cassis ; visuel éditorial STORIMITIK.
PHOTOGRAPHIES FOURNIES PAR L'UTILISATEUR — Visuel V3 validé : expérience des coureurs et 19 644 finishers en 2026. Montage éditorial STORIMITIK. Droits de republication déclarés acquis.

Courir dans les Calanques impose aussi des responsabilités

Le parcours traverse sur environ 12 kilomètres le territoire du Parc national des Calanques, un espace naturel protégé. Cette particularité contribue à l’attrait de la course, mais impose des précautions pour limiter les déchets et les impacts d’un événement de masse.

En 2026, l’organisation annonçait des zones de collecte aux ravitaillements et un dispositif pilote de remplissage des écocups avec une citerne d’eau potable au 15e kilomètre. Ces mesures ne suffisent pas, à elles seules, à établir l’empreinte environnementale totale de l’événement. Elles montrent néanmoins que la préservation du parcours fait désormais partie de la manière dont Marseille-Cassis doit être organisé.

Pourquoi cette classique est devenue un mythe

Marseille-Cassis ne doit pas sa longévité à un record unique. La course a traversé les décennies en conservant un rituel de fin octobre, un passage exigeant par la Gineste et une arrivée identifiée à Cassis. Le souvenir de l’effort se mêle à celui du paysage, sans que l’un efface l’autre.

La 47e édition confirme ce pouvoir d’attraction, avec 19 644 arrivées enregistrées. Pour la 48e édition, l’organisateur donne déjà rendez-vous au dimanche 31 octobre 2027. Plus qu’une course de 20 kilomètres, Marseille-Cassis est devenue un rendez-vous où l’on revient pour affronter le même col et vivre, chaque année, une expérience différente.

Sources