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Storie ExpressNouveaux usages

Nous publions moins, nous regardons plus : les réseaux sociaux deviennent-ils des médias ?

Les réseaux sociaux étaient conçus pour voir ce que publiaient nos amis. Ils deviennent progressivement des endroits où nous allons surtout regarder ce qu’un algorithme choisit pour nous.

Par Florent Despréaux

Date d’observation :

Lieu : Monde

Visuel STORIMITIK montrant un utilisateur devant des flux vidéo recommandés, illustrant le passage des amis vers l’algorithme et les créateurs.
V1 STORIMITIK — des amis à l’algorithme puis aux créateurs.

Le basculement est spectaculaire.

Selon des données Meta citées par le Reuters Institute, seulement 17 % du temps passé sur Facebook et 7 % sur Instagram concernent désormais du contenu provenant des amis et de la famille.

À la place : vidéos, créateurs, recommandations et contenus issus de comptes que nous ne suivons parfois même pas.

TikTok a popularisé cette logique avec son fil Pour toi. Les autres plateformes l’ont largement adoptée.

Infographie STORIMITIK comparant l’ancien réseau de publication au flux actuel de consommation, avec davantage de vidéo et de partage privé.
V2 STORIMITIK — du réseau de publication au flux de consommation.

Le principe change :

avant, le fil dépendait surtout de qui nous connaissions. Aujourd’hui, il dépend de plus en plus de ce que l’algorithme pense que nous regarderons.

Nos usages changent aussi.

Nous publions moins publiquement, nous consommons davantage de vidéos et nous partageons plus souvent les contenus dans des messages ou des groupes privés.

Infographie STORIMITIK opposant graphe social et graphe d’intérêts, avec les repères Facebook 17 % et Instagram 7 % pour le contenu d’amis et de famille.
V3 STORIMITIK — du graphe social au graphe d’intérêts. Données Meta citées par le Reuters Institute.

Le réseau social devient donc autre chose : une sorte de chaîne personnalisée, différente pour chaque utilisateur et reprogrammée en permanence.

Cette transformation touche même l’information. En 2026, le Reuters Institute constate que les réseaux sociaux et plateformes vidéo occupent désormais une place centrale dans l’accès aux actualités.

La frontière devient alors difficile à tracer.

Si nous ouvrons Instagram, TikTok, YouTube ou Facebook principalement pour regarder une succession de contenus programmés pour nous, sommes-nous encore seulement sur des réseaux sociaux ?

Ou sommes-nous déjà devant des médias algorithmiques personnalisés ?

Sources