Storie DécryptageRunning / Marathon
Gradur a arrêté l’alcool. Aujourd’hui, il fait courir des centaines de fans : le phénomène Sheguey Running Club
Quatre ans après avoir arrêté l'alcool, Gradur a retrouvé le chemin d'un entraînement sportif régulier. À l'approche de son premier concert à l'Accor Arena, le rappeur de Roubaix s'est lancé un défi physique. Mais ce qui devait être une préparation personnelle est devenu un mouvement : le Sheguey Running Club. En quelques semaines, des centaines de fans ont enfilé leurs baskets pour courir avec lui. Derrière la musique et les kilomètres, une question : comment le running peut-il devenir une nouvelle manière de rassembler une communauté ?
Par Florent Despréaux

Un rappeur, 600 fans et cinq kilomètres à Vincennes
Dimanche 20 septembre 2026. Dans le bois de Vincennes, à l'est de Paris, un groupe inhabituel de coureurs s'apprête à s'élancer.
Au milieu des participants, un visage familier de la scène rap française : Gradur.
Mais ce jour-là, il ne tient pas un micro. Il court.
Plus de 600 personnes ont répondu à son invitation pour parcourir cinq kilomètres ensemble. Beaucoup connaissent déjà ses morceaux, ses freestyles et son célèbre univers Sheguey.
Pourtant, la musique n'est plus la seule raison de se retrouver.
Sur les chemins du bois de Vincennes, les participants viennent partager un effort, découvrir le running ou simplement rencontrer d'autres membres d'une communauté.
Pas besoin de viser un record personnel.
Le principe est de courir ensemble à une allure accessible.
Le rappeur transforme ses fans en partenaires d'entraînement.
Et l'idée semble trouver son public.
Sheguey Running Club : quand une communauté musicale devient sportive
Le projet n'est pas né à Paris.
Le 9 août 2026, Gradur avait déjà organisé un premier rendez-vous avec ses fans à Montpellier.
Le Sheguey Running Club reprend naturellement le nom de la communauté qui accompagne sa carrière musicale.
Plutôt que de créer un club d'athlétisme traditionnel, le rappeur choisit une organisation plus informelle.
On se donne rendez-vous, on court, on partage un moment et l'on repart avec une expérience commune.
La différence avec un concert est importante.
Sur scène, l'artiste et le public occupent deux espaces séparés. Pendant une sortie running, ils participent au même effort.
Gradur ne chante pas devant des spectateurs : il court au milieu d'eux.
Cette proximité change la relation entre le rappeur et ses fans.
Le running devient une autre manière de faire vivre le sentiment d'appartenance.
Avant le running, une décision personnelle : arrêter l'alcool
Derrière cette nouvelle aventure se trouve également un parcours personnel.
Dans des déclarations relayées par la presse en septembre et octobre 2026, Gradur explique avoir arrêté l'alcool depuis quatre ans. Il décrit son ancienne consommation comme une véritable addiction.
Cette information donne une profondeur particulière à sa transformation, mais la chronologie mérite d'être respectée.
Son arrêt de l'alcool remonte à plusieurs années. Son retour intensif à la course à pied est plus récent.
Il serait donc incorrect d'affirmer que la course lui a permis, à elle seule, d'arrêter de boire.
Ce que son témoignage montre, en revanche, c'est la place nouvelle accordée à l'activité physique dans son quotidien.
À l'approche de son premier concert à l'Accor Arena, Gradur cherche à retrouver une condition physique suffisante pour tenir un spectacle particulièrement exigeant.
Il explique avoir longtemps négligé l'entraînement régulier.
Le changement commence progressivement.
D'abord la marche inclinée. Puis des efforts de plus en plus soutenus. Et finalement, la course à pied.
En octobre, il déclare avoir perdu 14 kilos dans le cadre de cette préparation physique.
Le running devient pour lui un moyen de retrouver une discipline d'entraînement et un objectif concret.
Cette expérience personnelle sert ensuite de point de départ à son projet collectif.

Le défi de Bercy comme déclencheur
Le 16 octobre 2026 marque une date importante dans la carrière de Gradur : son premier concert à l'Accor Arena, à Paris.
Un rendez-vous symbolique pour un artiste qui s'est imposé dans le rap français depuis le milieu des années 2010.
Pour préparer ce spectacle, Gradur multiplie les séances d'entraînement.
Dans un entretien diffusé par BFMTV, il évoque notamment plusieurs sorties de running par semaine, associées à un travail physique régulier.
Il raconte également que la reprise n'a pas été simple.
Après des années sans activité sportive structurée, retrouver une bonne condition physique demande de la patience et de la régularité.
Mais le défi individuel déborde rapidement sur les réseaux sociaux.
Ses abonnés suivent ses séances, découvrent ses progrès et commencent à vouloir participer.
C'est ainsi qu'un objectif personnel se transforme en rendez-vous collectif.
Le concert fournit le déclencheur. Le running ouvre une autre perspective.
Deuxième rendez-vous : 200 coureurs, Naza et une ambiance hip-hop
Le 11 octobre 2026, une nouvelle édition du Sheguey Running Club est organisée dans le bois de Vincennes.
Cette fois, les inscriptions sont limitées à environ 200 participants, pour mieux maîtriser le rassemblement.
Le programme dépasse la simple séance de course à pied.
Un DJ, de la musique, des animations et des vêtements aux couleurs du club contribuent à installer une atmosphère particulière.
Le rappeur Naza est également présent, dans un rôle de soutien et d'animateur.
L'événement emprunte ainsi certains codes du hip-hop : énergie collective, proximité, musique et reconnaissance d'une communauté.
Mais l'effort physique reste au centre du dispositif.
Le parcours prend la forme d'une boucle de 2,5 kilomètres à effectuer deux fois.
Les participants avancent ensemble, certains discutent, d'autres chantent ou encouragent leurs voisins.
La différence entre les deux rassemblements n'est pas uniquement une question de fréquentation.
Le premier rendez-vous parisien démontre la capacité de Gradur à mobiliser plusieurs centaines de fans.
Le deuxième montre qu'il cherche à structurer cette mobilisation dans une expérience reproductible.
Le Sheguey Running Club commence à exister au-delà d'un événement isolé.

Le running peut-il réellement aider à changer de vie ?
L'histoire de Gradur pose une question qui dépasse la musique : pourquoi autant de personnes investissent-elles aujourd'hui la course à pied comme une discipline personnelle ?
Pour certains, l'objectif est la performance.
Pour d'autres, il s'agit de retrouver une régularité, de pratiquer une activité physique, de prendre confiance ou de rencontrer de nouvelles personnes.
Le running possède plusieurs caractéristiques favorables à cette démarche.
Il est possible de commencer modestement. Les progrès se construisent dans la durée. Une sortie collective crée un rendez-vous qui encourage à revenir.
Mais il faut éviter les promesses excessives.
Le sport ne constitue pas, à lui seul, un traitement des addictions. Lorsqu'une dépendance nécessite une prise en charge médicale ou psychologique, l'activité physique peut éventuellement compléter un accompagnement adapté, sans s'y substituer.
Dans le cas de Gradur, le lien documenté porte sur son témoignage personnel et sa reprise sportive.
L'intérêt de son initiative est ailleurs : il utilise sa notoriété pour inviter des personnes à découvrir une pratique régulière, au sein d'un groupe.
Le message devient plus concret qu'un simple discours de motivation.
Il ne demande pas seulement à ses fans de changer leurs habitudes. Il leur propose de venir courir avec lui.
Le hip-hop trouve un nouveau terrain d'expression
Le phénomène Sheguey Running Club illustre aussi l'élargissement du rôle culturel des artistes.
Un rappeur peut désormais développer sa communauté bien au-delà des concerts, des clips et des plateformes musicales.
Le sport devient un espace supplémentaire de rencontre.
Ce rapprochement possède un intérêt particulier pour le running.
Certaines personnes ne se reconnaissent pas nécessairement dans les codes classiques des clubs d'athlétisme ou des communautés de coureurs expérimentés.
Un artiste qu'elles suivent depuis des années peut constituer une porte d'entrée différente.
On vient d'abord parce que l'on apprécie Gradur.
Puis on découvre le plaisir de courir en groupe.
Certains participants continueront peut-être à pratiquer. D'autres retiendront surtout l'expérience collective.
Il est encore trop tôt pour mesurer les effets durables du Sheguey Running Club sur les habitudes sportives de sa communauté.
Mais les premiers rassemblements démontrent une capacité réelle de mobilisation.
Le rap et le running ne remplacent pas leurs identités respectives : ils se rencontrent autour d'un nouvel usage social.
Après Vincennes, jusqu'où ira le Sheguey Running Club ?
Gradur ne semble pas vouloir limiter cette initiative à la préparation de son concert parisien.
Interrogé par RMC Sport, il envisage de déplacer le club dans plusieurs villes françaises, voire à l'étranger.
Il évoque également l'idée de développer des vêtements dédiés au Sheguey Running Club.
À ce stade, ces ambitions restent des intentions, pas un calendrier de déploiement confirmé ni une marque de sportswear déjà installée.
La question est pourtant intéressante.
Une communauté constituée autour d'un artiste peut-elle devenir une communauté sportive autonome ?
Pour y parvenir, le projet devra probablement conserver ce qui a fait le succès des premières sorties : accessibilité, convivialité, proximité avec les participants et régularité.
L'enjeu ne sera pas simplement de réunir une foule spectaculaire lors d'une nouvelle édition.
Il sera de donner envie aux participants de revenir courir, même lorsque l'effet de nouveauté sera passé.
Un club, une énergie, une autre manière de rassembler
En quelques semaines, Gradur a fait passer le running d'une démarche de remise en forme personnelle à une expérience partagée avec des centaines de fans.
Son histoire associe plusieurs transformations : un changement d'habitudes revendiqué, une préparation physique intensive et l'émergence d'une communauté sportive populaire.
Elle montre surtout que la course à pied peut emprunter de nouveaux chemins pour toucher le grand public.
Le point de départ n'est pas nécessairement une inscription à un marathon, une recherche de performance ou l'achat d'une chaussure sophistiquée.
Il peut être aussi simple que l'envie de retrouver un artiste que l'on apprécie et de parcourir cinq kilomètres avec d'autres personnes.
Gradur n'a pas inventé le running collectif. Mais avec les Sheguey, il lui donne un autre visage : celui d'une culture hip-hop qui se retrouve désormais aussi sur les chemins de course.
Et si le véritable succès du mouvement se mesurait, demain, au nombre de personnes qui continuent à courir après le dernier morceau ?
Vidéo — Au cœur du Sheguey Running Club
J’ai couru 5 KM avec GRADUR… — Voir sur YouTube
Vidéo partagée comme illustration de l'ambiance du club. Chaîne d'origine et disponibilité à confirmer avant publication. Il ne s'agit pas d'une vidéo présentée comme officielle par STORIMITIK.
Immersion en vidéo
Hébergée sur YouTube
« J’ai couru 5 KM avec GRADUR… » — vidéo YouTube transmise par le responsable éditorial ; auteur de la chaîne et disponibilité non vérifiés. Illustration de l'ambiance, non vidéo officielle confirmée.
Sources
- Avant son premier Bercy, Gradur lance son running club à Paris avec ses fansLe Parisien · Flavien Gagnepain · 16 octobre 2026
- Gradur lance son club de running et réunit 600 personnes à ParisGénérations · Zoé Blateyron · 23 septembre 2026
- On a participé au Sheguey Running Club de GradurRMC Sport · RMC Sport · 12 octobre 2026
- Gradur évoque sa préparation physique avant son concertBFMTV · BFMTV
- Gradur — Concert du 16 octobre 2026Accor Arena · Accor Arena · 16 octobre 2026
- Légendes urbaines — Gradur, la puissance du ShegueyFrance 24 / RFI · France 24 / RFI · 10 octobre 2026
- J’ai couru 5 KM avec GRADUR…YouTube · Chaîne non vérifiée


