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Vous n’avez même plus besoin d’enfiler le vêtement : la cabine d’essayage devient virtuelle

La cabine d’essayage quitte progressivement le magasin. Grâce à l’IA, des plateformes permettent désormais de visualiser des vêtements sur soi depuis une photo ou un smartphone.

Par Florent Despréaux

Date d’observation :

Visuel éditorial STORIMITIK consacré à l’essayage virtuel de vêtements par intelligence artificielle.
L’IA transforme progressivement le smartphone en cabine d’essayage. Illustration générée pour STORIMITIK.

Pendant longtemps, acheter un vêtement en ligne impliquait un pari : imaginer ce que la photo du mannequin donnerait sur soi. L’IA générative commence à déplacer cette frontière. La cabine d’essayage peut désormais tenir dans un smartphone.

Votre photo devient le mannequin

Le principe du virtual try-on est de produire une représentation du vêtement porté, à partir d’une photo ou d’un modèle numérique. L’objectif n’est plus seulement de présenter une robe, une veste ou un jean : il s’agit de donner à l’acheteur une idée de son apparence sur lui.

ASOS a franchi une étape en 2026 en déployant une expérience d’essayage virtuel sur environ 10 000 produits. D’autres groupes de mode développent des dispositifs comparables : OTB Group travaille notamment avec Google Cloud autour d’expériences de Virtual Try-On pour ses marques.

Personne utilisant sur smartphone une interface d’essayage virtuel de vêtements à domicile.
La cabine d’essayage peut désormais commencer à domicile, sur smartphone. Illustration générée pour STORIMITIK.

Le vrai enjeu : l’incertitude avant l’achat

Pour les enseignes, l’enjeu dépasse l’effet spectaculaire. La mode en ligne doit composer avec une difficulté structurelle : le client ne peut ni toucher ni réellement essayer le produit avant de commander. Une meilleure représentation peut l’aider à décider — et potentiellement réduire certains retours.

Zalando rapporte que certains pilotes autour du fit ont permis d’observer jusqu’à 40 % de réduction du taux de retour dans la catégorie jeans. Ce chiffre ne doit pas être généralisé à toute la mode ni attribué automatiquement à n’importe quel essayage virtuel : il montre surtout l’importance économique que peut prendre une meilleure compréhension du rendu et de la taille.

Voir le vêtement n’est pas encore le sentir

La limite reste fondamentale. Une image générée peut aider à visualiser une silhouette, une couleur ou une association. Elle ne garantit pas parfaitement la taille, le tombé, la matière ou le confort réel. L’essayage virtuel complète donc l’expérience physique davantage qu’il ne la remplace aujourd’hui.

La cabine sort du magasin

Le changement le plus profond est peut-être là : la cabine n’est plus nécessairement un lieu. Elle devient une fonction logicielle disponible avant même d’entrer dans un magasin. Demain, l’achat pourrait commencer par une visualisation à domicile, se poursuivre par une recommandation de taille et ne conduire à un essayage physique que lorsque celui-ci apporte encore quelque chose.

Sources