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Tesla a mis hors service les lignes Model S et Model X. À leur place, elle installe celles d’Optimus

À Fremont, Tesla a décommissionné les lignes Model S et Model X et installe à leur place sa première ligne de production Optimus. L’entreprise vise une capacité de conception allant jusqu’à 1 million de robots par an pour cette première génération — un objectif industriel encore loin d’être démontré en production réelle.

Par Florent Despréaux

Lieu : Fremont, Californie

Illustration STORIMITIK montrant la transition d’une ligne Tesla de Model S et Model X vers une ligne de robots humanoïdes Optimus.
ILLUSTRATION GÉNÉRÉE STORIMITIK — Tesla a décommissionné les lignes Model S et Model X à Fremont et installe à leur place les premières lignes Optimus.

Pendant des années, elles ont fabriqué deux des voitures les plus emblématiques de Tesla.

En 2026, les lignes des Model S et Model X de Fremont ont été mises hors service. À leur place, Tesla installe désormais les premières lignes de production de son robot humanoïde Optimus.

Dans sa mise à jour du deuxième trimestre 2026, Tesla classait encore cette nouvelle activité au stade « construction » et indiquait prévoir le démarrage de la production en 2026. Ce n’est donc plus seulement une démonstration de robot : une partie d’une usine automobile historique est réellement en train de changer de produit.

Un million de robots par an : l’ambition de la première ligne

Tesla avait annoncé le basculement dès avril 2026. La première génération de ligne Optimus de Fremont doit remplacer celles des Model S et Model X. Surtout, Tesla affirme l’avoir conçue pour une capacité pouvant atteindre 1 million de robots par an.

Le chiffre est spectaculaire, mais il faut le lire correctement : Tesla ne produit pas aujourd’hui un million d’Optimus par an. Il s’agit de la capacité industrielle visée pour la ligne, pas d’un niveau de production atteint.

Au deuxième trimestre, Tesla indiquait encore installer les équipements. La taille de l’ambition est donc connue ; la capacité réelle à fabriquer des humanoïdes à cette échelle reste à démontrer.

Infographie STORIMITIK comparant 100 000 Model S/X par an à Fremont, une capacité annoncée de 1 million d’Optimus par an à Fremont et 10 millions à long terme au Texas.
ILLUSTRATION GÉNÉRÉE STORIMITIK — 100 000 Model S/X/an était la capacité installée indiquée début 2026 ; 1 million et 10 millions d’Optimus/an sont des capacités de conception annoncées par Tesla, non des volumes réalisés.

Les premiers Optimus travailleront d’abord pour Tesla

Les premiers robots produits ne devraient pas immédiatement arriver dans les maisons ou les entrepôts de clients. Tesla prévoit de les affecter à son « Optimus Academy », afin notamment de collecter des données d’entraînement et de développer de nouvelles fonctionnalités.

Le premier terrain d’expérimentation d’Optimus sera donc Tesla elle-même. Fabriquer les robots permettra aussi de les confronter au monde physique, d’observer leurs erreurs et d’alimenter leur apprentissage.

Illustration STORIMITIK d’une ligne de production Optimus avec plusieurs robots humanoïdes et des postes de test évoquant l’Optimus Academy.
ILLUSTRATION GÉNÉRÉE STORIMITIK — Les premiers builds Optimus doivent servir à l’Optimus Academy pour la collecte de données d’entraînement et le développement de fonctionnalités.

Fremont n’est que la première étape

Tesla prépare déjà une deuxième génération de ligne à Gigafactory Texas. L’objectif annoncé est encore plus spectaculaire : une infrastructure conçue, à long terme, pour une capacité annuelle pouvant atteindre 10 millions de robots.

Là encore, ce chiffre décrit une ambition de capacité industrielle. Il ne constitue ni une prévision de ventes ni une production déjà obtenue. Mais l’ordre de grandeur montre ce que Tesla cherche à faire avec Optimus : passer du prototype à un produit fabriqué avec les méthodes de l’industrie automobile.

Le symbole est difficile à manquer

Au début de 2026, Tesla indiquait encore une capacité installée de 100 000 Model S et Model X par an en Californie. Quelques mois plus tard, ces lignes avaient été retirées pour laisser place au projet Optimus.

Tesla reste évidemment un constructeur automobile : au deuxième trimestre 2026, il a encore produit 451 758 véhicules et en a livré 480 126.

Mais Fremont matérialise un changement plus profond. Tesla ne consacre plus seulement du logiciel, des ingénieurs ou des prototypes à la robotique : elle lui consacre désormais de l’espace industriel auparavant utilisé pour fabriquer des voitures.

Maintenant, il faut réussir l’usine

Faire marcher un humanoïde sur une scène est une chose. En fabriquer des milliers avec une qualité reproductible, un coût maîtrisé et une utilité économique suffisante en est une autre.

C’est précisément là que le projet Optimus entre dans une nouvelle phase. Pendant longtemps, la question était : Tesla peut-elle construire un humanoïde capable de travailler ? À Fremont, une deuxième question devient désormais tout aussi importante : peut-elle fabriquer des robots comme elle a appris à fabriquer des voitures ?

Sources