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Smartphones, puces, batteries, navires, biotech, construction : derrière Samsung se cachent 67 sociétés

Quand on pense à Samsung, on pense d’abord aux smartphones Galaxy, aux téléviseurs ou aux puces mémoire. Mais le nom Samsung recouvre un ensemble beaucoup plus large. Au 31 décembre 2025, le groupe comptait 67 sociétés affiliées domestiques en Corée du Sud, dont 18 cotées et 49 non cotées. Elles sont juridiquement distinctes et opèrent dans l’électronique, les batteries, la construction, les chantiers navals, la finance, la biotech ou encore les services. L’enjeu n’est donc pas de voir Samsung comme une entreprise unique, mais comme une architecture industrielle.

Par Florent Despréaux

Infographie STORIMITIK montrant l’étendue industrielle du groupe Samsung, de l’électronique aux batteries, navires, biotechnologies et infrastructures.
V1 STORIMITIK — Samsung dépasse largement l’électronique grand public : plusieurs sociétés affiliées opèrent dans des industries très différentes.

La marque visible n’est que la partie la plus connue du système

Samsung Electronics concentre l’essentiel de la visibilité internationale du nom Samsung. Smartphones, téléviseurs, électroménager, semi-conducteurs, écrans ou audio connectent directement la marque au grand public.

Mais Samsung Electronics n’est pas « Samsung Group » à elle seule. Elle appartient à un ensemble beaucoup plus vaste de sociétés affiliées, juridiquement séparées, dont certaines sont cotées en Bourse et d’autres non.

Le rapport annuel 2025 de Samsung Electronics indique qu’au 31 décembre 2025, le groupe Samsung comptait 67 sociétés affiliées domestiques en Corée du Sud : 18 cotées et 49 non cotées. Ce chiffre porte sur les affiliées domestiques du groupe, pas sur l’ensemble des filiales mondiales de chaque société.

Un chaebol n’est pas une société mère unique

Cette organisation correspond à la logique du chaebol coréen : plusieurs entreprises spécialisées appartiennent au même groupe économique et sont reliées par des participations entre affiliées, des relations industrielles et une gouvernance commune de groupe, sans être simplement les divisions internes d’une seule société mère.

Le rapport annuel de Samsung Electronics publie d’ailleurs un tableau détaillé des participations entre sociétés affiliées. Cela explique pourquoi il est incorrect d’additionner mécaniquement leurs chiffres d’affaires ou de présenter toutes ces entités comme des filiales consolidées de Samsung Electronics.

Infographie STORIMITIK représentant Samsung Group comme un réseau de sociétés affiliées autour de Samsung Electronics, Samsung SDI, Samsung Heavy Industries, Samsung Biologics et Samsung C&T.
V2 STORIMITIK — Fin 2025, Samsung Group compte 67 sociétés affiliées domestiques en Corée du Sud : 18 cotées et 49 non cotées.

Samsung Electronics domine l’échelle économique

Samsung Electronics reste de très loin la société la plus massive parmi les cinq grandes entités retenues ici. En 2025, elle a réalisé 333,6 billions de wons de chiffre d’affaires consolidé, un record historique pour l’entreprise.

Ce chiffre agrège lui-même plusieurs activités : produits grand public, smartphones, réseaux, mémoires, fonderie de semi-conducteurs, écrans via Samsung Display et automobile/audio via Harman dans son périmètre consolidé.

Autour d’Electronics, plusieurs industries pèsent déjà des dizaines de billions de wons

Samsung C&T a enregistré 40,742 billions de wons de chiffre d’affaires en 2025. Ses activités couvrent notamment l’ingénierie et la construction, le trading et l’investissement, la mode et les loisirs.

Samsung SDI, spécialisé dans les batteries et les matériaux électroniques, a réalisé 13,27 billions de wons de chiffre d’affaires en 2025. L’entreprise est exposée aux batteries pour véhicules électriques, au stockage stationnaire et aux technologies de cellules de nouvelle génération.

Samsung Heavy Industries a généré 10,650 billions de wons de ventes en 2025. Son activité se situe dans les navires marchands et les équipements offshore, avec une expertise particulière dans les méthaniers, FLNG, FPSO et autres installations maritimes complexes.

Samsung Biologics a atteint 4,557 billions de wons de chiffre d’affaires en 2025. Son métier est totalement différent : elle agit comme CDMO, c’est-à-dire comme partenaire de développement et de fabrication pour des groupes biopharmaceutiques mondiaux.

Graphique STORIMITIK comparant les chiffres d’affaires 2025 de Samsung Electronics, Samsung C&T, Samsung SDI, Samsung Heavy Industries et Samsung Biologics.
V3 STORIMITIK — Chiffres d’affaires 2025 : Samsung Electronics 333,6 T KRW ; Samsung C&T 40,742 T ; Samsung SDI 13,27 T ; Samsung Heavy Industries 10,650 T ; Samsung Biologics 4,557 T. Les périmètres comptables sont distincts et ne doivent pas être additionnés.

Pourquoi cette profondeur industrielle compte

Cette diversité donne au groupe Samsung une exposition à plusieurs couches de l’économie réelle : composants, produits finis, infrastructures, énergie, transport maritime, santé et services.

Elle crée aussi des points de contact entre activités. Les semi-conducteurs peuvent alimenter les produits électroniques ; les batteries servent la mobilité et le stockage ; la construction intervient dans les usines et grands projets ; les services technologiques soutiennent plusieurs sociétés du groupe.

Mais il faut éviter une lecture trop simpliste : ces sociétés ont leurs propres comptes, leurs propres clients, leurs propres actionnaires minoritaires et leurs propres risques industriels. Le fait d’appartenir au même groupe ne signifie pas qu’elles fonctionnent comme un seul bilan consolidé.

Le logo Samsung masque donc une architecture beaucoup plus vaste

Pour le consommateur, Samsung reste d’abord une marque. Pour l’économie coréenne, c’est aussi un réseau d’entreprises qui occupent des positions majeures dans plusieurs industries stratégiques.

C’est cette différence entre marque et architecture industrielle qui rend Samsung intéressant : le smartphone visible en vitrine n’est que la porte d’entrée vers un système qui s’étend des puces aux batteries, des chantiers navals aux biomédicaments et des infrastructures aux services.

Sources