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32 % du chiffre d’affaires de Ryanair vient des revenus annexes : comment fonctionne vraiment son modèle à la carte
Un billet Ryanair peut commencer par une offre très simple, puis s’enrichir avec un siège réservé, l’embarquement prioritaire, des bagages supplémentaires ou des achats à bord. En FY2026, Ryanair a réalisé 4,99 milliards d’euros de revenus annexes, soit 32 % de son chiffre d’affaires — mais sa comptabilité montre que tous les suppléments ne sont pas classés dans cette catégorie.
Par Florent Despréaux

Le billet n’est que le point d’entrée
Un billet Ryanair peut commencer par une proposition très simple : un siège, un petit bagage personnel et peu de services inclus. Ensuite viennent le choix du siège, l’embarquement prioritaire, les bagages supplémentaires ou encore les achats à bord.
Cette construction à la carte n’est pas seulement une manière de présenter les tarifs : elle est devenue une composante structurelle du modèle économique de la compagnie.

Le tarif le moins cher est volontairement très simple
Chez Ryanair, le tarif Basic est l’offre la moins chère. Il comprend actuellement un petit bagage personnel de 40 × 30 × 20 cm, à placer sous le siège devant le passager. Sans achat de siège, celui-ci est attribué aléatoirement pendant la période d’enregistrement en ligne.
La compagnie propose ensuite plusieurs forfaits. Le tarif Regular comprend notamment un siège standard, l’embarquement prioritaire et un bagage cabine de 10 kg en plus du petit bagage personnel. Le tarif Plus associe notamment un siège standard et un bagage enregistré de 20 kg. Flexi Plus ajoute davantage de flexibilité et de services.
Le principe est donc modulaire : tous les voyageurs n’achètent pas exactement le même produit et peuvent ajouter des options selon leurs besoins.

Près de 5 milliards d’euros de revenus annexes
Sur l’exercice fiscal clos le 31 mars 2026, Ryanair a transporté 208,4 millions de passagers et réalisé 15,54 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Les revenus programmés ont atteint 10,56 milliards d’euros. Les revenus annexes ont représenté 4,99 milliards d’euros, soit 32 % du chiffre d’affaires total. Ryanair indique également environ 24 euros de revenus annexes par passager.
Ce chiffre donne une autre lecture du low-cost : la valeur économique d’un passager ne se résume pas au tarif aérien affiché lors de sa première recherche.
« Revenus annexes » ne signifie pas « tous les suppléments »
La comptabilité de Ryanair impose une distinction importante. Les revenus programmés correspondent à la vente des sièges et aux frais directement associés au vol, notamment les frais de bagages et de modification.
Les revenus annexes correspondent à des activités liées au service de vol. Le rapport annuel cite notamment l’embarquement prioritaire, les sièges réservés et les ventes de produits à bord. Ryanair distribue également autour du voyage des services comme la location de voiture, l’assurance, l’hébergement, les transferts, le parking ou le Fast Track, pour lesquels le groupe agit comme intermédiaire.
Il serait donc faux d’additionner automatiquement chaque valise facturée en supplément aux 32 % de revenus annexes : le modèle à la carte est plus large que cette seule catégorie comptable.

Le voyage devient un produit modulaire
C’est précisément là que le modèle devient intéressant. Le billet initial donne accès au voyage avec un niveau de service limité, puis chaque passager arbitre selon ses propres contraintes.
Celui qui voyage léger peut conserver une configuration minimale. Un autre choisira son siège, l’embarquement prioritaire, davantage de bagages ou des services à bord.
Le même vol peut ainsi générer des paniers très différents. Ryanair ne cherche pas nécessairement à vendre toutes les options à chacun : elle construit une architecture dans laquelle de nombreux besoins peuvent être monétisés séparément.
La mécanique reste visible en 2026
Au premier trimestre de l’exercice FY2027, clos le 30 juin 2026, Ryanair a transporté 61,3 millions de passagers. Le tarif aérien moyen a reculé de 6 % sur un an.
Dans le même temps, les revenus annexes ont progressé de 5 %, à 1,47 milliard d’euros, soit environ 24 euros par passager. Même lorsque le tarif moyen du vol varie, cette seconde couche de revenus reste donc significative.
Le vrai modèle n’est pas « tout faire payer »
Le tarif Basic est bien un produit réel : il permet de voyager avec un petit bagage personnel et un siège attribué selon les conditions prévues par la compagnie. Mais il constitue aussi le point de départ d’un parcours dans lequel le voyageur peut ajouter différents services.
Le modèle Ryanair repose donc sur deux mécanismes complémentaires : transporter un très grand nombre de passagers avec une structure low-cost et augmenter la valeur de certains voyages grâce à des choix supplémentaires.
En FY2026, près d’un euro sur trois de chiffre d’affaires appartenait à la catégorie comptable des revenus annexes. Le vrai enseignement est moins que « Ryanair fait tout payer » que la transformation du voyage aérien en produit modulaire : un vol au centre, puis une multitude de choix économiques autour.
Sources
- Annual Report for Fiscal Year Ending March 31, 2026 — Form 20-FRyanair Holdings plc · Ryanair Holdings plc · 19 juin 2026
- RYANAIR 2025-26 PAT RISES 40% TO €2.26BN (PRE-EXCEPT.) — FY26 ResultsRyanair · Ryanair Holdings plc · 18 mai 2026
- Q1 FY27 Ryanair ResultsRyanair Investor Relations · Ryanair Holdings plc · 20 juillet 2026
- Quelles sont les options de forfaits tarifaires de Ryanair ?Centre d’aide Ryanair · Ryanair
- Règles relatives aux bagagesCentre d’aide Ryanair · Ryanair