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Storie DécryptageMobilité / Recharge

Plus de bornes électriques : la loi oblige désormais les parkings à accélérer

Hypermarchés, entreprises, autoroutes : le déploiement des bornes de recharge ne dépend plus seulement du volontarisme des opérateurs. En France et en Europe, les obligations réglementaires poussent désormais une partie des parkings et des grands axes à s’équiper ou à préparer leur électrification.

Par Florent Despréaux

Date d’observation :

Lieu : France / Europe

Illustration réaliste d’un parking commercial équipé de bornes de recharge sous des ombrières photovoltaïques.
Illustration générée représentative d’un parking commercial équipé de bornes de recharge.

La borne de recharge installée devant un magasin ressemble à un simple équipement de service. Pourtant, son déploiement est désormais pris dans un ensemble de règles françaises et européennes qui transforment progressivement les parkings commerciaux, les bâtiments non résidentiels et les grands axes routiers.

20 % des places à préparer dans certains parkings

Pour les bâtiments non résidentiels neufs ou faisant l’objet d’une rénovation importante, lorsqu’un parking compte plus de 10 places, le Code de la construction et de l’habitation impose notamment le pré-équipement d’au moins 20 % des emplacements. Pré-équiper ne signifie pas installer immédiatement une borne sur chacune de ces places : il s’agit de préparer les conduits, l’alimentation et les équipements permettant un déploiement ultérieur.

Les exigences comprennent aussi l’accessibilité. Au moins un emplacement équipé d’un point de recharge doit être accessible aux personnes à mobilité réduite ; au-delà de 200 places, au moins deux emplacements doivent être équipés, dont un accessible.

Depuis 2025, certains parkings existants sont aussi concernés

Depuis le 1er janvier 2025, certains bâtiments non résidentiels existants comportant plus de 20 places doivent également disposer de points de recharge. L’obligation vise notamment des bâtiments appartenant et étant occupés par des entreprises dépassant 250 salariés ainsi que les seuils financiers prévus par les textes.

Dans ce cadre, il faut au minimum un point de recharge, puis un point supplémentaire par tranche de 20 places supplémentaires. Service-Public donne un exemple très parlant : un parking de 95 places doit disposer d’au moins quatre points de recharge, dont au moins un accessible aux personnes à mobilité réduite.

Infographie STORIMITIK résumant plusieurs chiffres réglementaires sur les parkings et la recharge électrique.
Infographie STORIMITIK — les chiffres s’appliquent selon les catégories, échéances et conditions prévues par les textes.

Pour les hypermarchés, la borne n’est qu’une partie du dossier

Un grand parking commercial ne se résume pas au nombre de bornes. Selon le projet, interviennent aussi l’autorisation d’exploitation commerciale, le permis de construire ou la déclaration préalable, l’accessibilité, l’artificialisation des sols, les ombrières photovoltaïques, le raccordement électrique et les règles locales d’urbanisme.

Cette superposition change l’économie des projets : l’enseigne peut investir elle-même, confier l’exploitation à un opérateur ou intégrer recharge, photovoltaïque, stockage et pilotage de puissance dans un même montage.

Sur autoroute, la logique change encore

Sur le réseau autoroutier concédé, l’installation d’une station commerciale n’est pas assimilable à la décision d’un propriétaire privé. Les contrats confiés à des tiers sont soumis à des règles de publicité et de mise en concurrence, avec intervention de l’Autorité de régulation des transports pour certaines procédures.

Un exemple récent l’illustre : en juillet 2026, l’ART a examiné une procédure lancée par ASF concernant deux contrats sur l’A7, à Mornas Village et Mornas Les Adrets, pour des stations destinées aux poids lourds. Le périmètre couvrait conception, réalisation, entretien, maintenance, raccordement électrique et exploitation.

Illustration réaliste générée d’une aire autoroutière équipée de recharge rapide pour voitures et poids lourds.
Illustration générée représentative d’une aire autoroutière équipée. Elle ne constitue pas une photographie documentaire du site représenté.

L’Europe pousse aussi la puissance et l’expérience utilisateur

Le règlement européen AFIR ajoute une autre couche. Sur le réseau central RTE-T, il prévoit notamment pour les véhicules légers des parcs de recharge espacés au maximum de 60 km dans les conditions fixées par le règlement, avec une montée en puissance minimale : 400 kW par parc à l’échéance de fin 2025, puis 600 kW à fin 2027.

AFIR ne traite pas seulement de puissance. Le règlement encadre aussi la recharge sans abonnement préalable et la transparence des prix. Pour les points de recharge ouverts au public d’au moins 50 kW, le prix ad hoc doit notamment être fondé sur le prix au kWh et les éventuels frais d’occupation doivent être indiqués avant le début de la recharge.

La loi devient un accélérateur du marché

Le déploiement des bornes reste dépendant du raccordement électrique, de l’investissement, de l’usage réel et de la rentabilité. Mais une partie de la croissance du parc n’est plus seulement dictée par la demande : les échéances réglementaires obligent progressivement certains propriétaires, entreprises et gestionnaires d’infrastructures à préparer ou installer des capacités de recharge.

Pour les opérateurs, cela transforme la borne en marché de long terme : équipement, génie civil, raccordement, supervision, paiement, maintenance et disponibilité deviennent autant de briques d’une infrastructure que la réglementation contribue désormais à accélérer.

Sources