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Storie DécryptageMobilité / Recharge

33 capteurs dans la voiture, jusqu’à 90 % du cycle d’exploitation et de maintenance automatisé derrière : comment DiDi industrialise le robotaxi

À Guangzhou, STORIMITIK a photographié ce que l’on voit rarement derrière un robotaxi : le hub, le lavage, la recharge, l’inspection, la maintenance et le support. DiDi affirme avoir automatisé jusqu’à 90 % de ce cycle à Huiju Port, tandis que son nouveau R2 embarque 33 capteurs.

Par Florent Despréaux

Lieu : Guangzhou, Chine

Illustration STORIMITIK montrant la maquette du hub DiDi Autonomous Driving et plusieurs chiffres clés de son écosystème robotaxi.
ILLUSTRATION GÉNÉRÉE STORIMITIK — À partir d’une photo terrain STORIMITIK du stand DiDi Autonomous Driving à Guangzhou. Les chiffres sont sourcés dans l’article.

On imagine souvent le robotaxi comme une voiture capable de se conduire seule. Sur le stand de DiDi Autonomous Driving à Guangzhou, les photos STORIMITIK racontent une autre histoire : derrière le véhicule, il faut déjà une infrastructure entière.

Hub d’exploitation, lavage, recharge, inspection, maintenance, stationnement, centre de support : le véhicule autonome n’est que la partie visible du système.

33 capteurs dans la voiture

Le 31 août 2026, DiDi Autonomous Driving a lancé des essais de service entièrement sans conducteur avec son nouveau Robotaxi R2 dans des zones désignées de Guangzhou et Pékin, réservables via l’application DiDi.

Co-développé avec GAC Aion, le R2 embarque 33 capteurs et une plateforme informatique centrale à fusion de trois domaines. DiDi le présente comme un véhicule conçu spécifiquement pour l’exploitation Robotaxi de niveau 4.

Mais une flotte ne devient pas industrielle simplement parce que les voitures savent conduire.

Le vrai problème commence quand la voiture revient au dépôt

Une voiture de service doit être nettoyée, rechargée, inspectée, entretenue, éventuellement réparée, stationnée puis remise rapidement en circulation.

C’est précisément la fonction de Huiju Port, le centre d’exploitation automatisé présenté par DiDi lors de son Autonomous Driving Open Day en 2023.

À l’époque, DiDi annonçait jusqu’à 90 % d’automatisation du processus d’exploitation et de maintenance : sortie du véhicule, retour au hub, lavage, recharge, inspection, maintenance et stationnement.

Infographie STORIMITIK expliquant le cycle d’exploitation et de maintenance automatisé des robotaxis DiDi à Huiju Port.
ILLUSTRATION GÉNÉRÉE STORIMITIK — DiDi annonçait en 2023 jusqu’à 90 % d’automatisation du processus d’exploitation et de maintenance à Huiju Port.

Laver, recharger, inspecter… sans chauffeur

La maquette photographiée à Guangzhou matérialise cette logique. On y distingue notamment une zone de lavage, des infrastructures de recharge, des voies dédiées et un bâtiment de support.

Un écran du stand décrit aussi un Support Center chargé d’aider un véhicule autonome lorsqu’il ne peut pas résoudre seul une situation. L’assistance humaine ne disparaît donc pas : elle se déplace du siège conducteur vers une couche de supervision à distance.

Cette organisation explique pourquoi l’exploitation d’un robotaxi ressemble autant à un système logistique qu’à un produit automobile.

1 200 experts derrière l’autonomie

Dans son rapport annuel 2025, DiDi indiquait avoir réuni plus de 1 200 spécialistes dans son activité de conduite autonome.

Le même document décrit une pile technologique complète : localisation, perception, prédiction, planification et contrôle à bord, mais aussi simulation et pipelines de données hors véhicule.

DiDi explique explicitement vouloir combiner cette technologie avec ses systèmes de dispatch et de gestion de flotte afin d’opérationnaliser une flotte autonome à grande échelle.

Dix ans entre les premiers investissements et le R2

DiDi indique avoir commencé à investir dans la conduite autonome en 2016. En 2023, l’entreprise présente Huiju Port et son concept-car DiDi Neuron.

En 2024, elle lance des essais entièrement sans conducteur à Guangzhou et Pékin. En 2025, DiDi déclare avoir lancé un service Robotaxi fully driverless à Guangzhou, tandis que les premiers véhicules de série co-développés avec GAC Aion sortent de chaîne à la fin de l’année.

Puis, en août 2026, le R2 entre en essais de service entièrement sans conducteur dans des zones de Guangzhou et Pékin.

Frise chronologique STORIMITIK retraçant les principales étapes de DiDi Autonomous Driving de 2016 à 2026.
ILLUSTRATION GÉNÉRÉE STORIMITIK — De 2016 à 2026, DiDi est passé des premiers investissements en conduite autonome aux essais de service du Robotaxi R2 sans conducteur.

Plus de 2 200 jours : un chiffre constructeur à lire comme tel

Dans son communiqué d’août 2026, DiDi revendique plus de 2 200 jours consécutifs d’exploitation sûre pour son activité autonome, en s’appuyant sur ses logiciels, son matériel et le système intelligent d’exploitation et de maintenance de Huiju Port.

Ce chiffre est une donnée communiquée par DiDi, et non un indicateur audité indépendamment. Il montre néanmoins le type de métrique que l’entreprise met désormais en avant : la continuité d’exploitation, pas seulement la performance de conduite.

Le robotaxi devient une industrie de flotte

C’est probablement ce que la maquette de Guangzhou raconte le mieux. Le défi n’est plus seulement de faire parcourir quelques kilomètres à une voiture sans conducteur.

Il faut faire revenir des véhicules, les nettoyer, les recharger, les contrôler, intervenir lorsqu’un cas bloque le système, puis les remettre en circulation suffisamment vite pour que le service reste disponible.

Le vrai robotaxi de masse ne sera donc pas seulement une voiture autonome. Ce sera une flotte, un logiciel de dispatch, des centres de support et des hubs capables de fonctionner presque comme des usines.

La partie la plus importante du véhicule sans chauffeur pourrait finalement être tout ce qui se trouve autour de lui.

Sources