Storie DécryptageRunning / Marathon
Cape Town 2026 : j’ai couru le marathon qui allait devenir un Major
Le 24 mai 2026, je franchissais la ligne d’arrivée du Sanlam Cape Town Marathon avec une médaille autour du cou et un marathon difficile dans les jambes. Dix-sept jours plus tard, cette course prenait une tout autre dimension : Cape Town devenait officiellement le huitième Abbott World Marathon Major et le premier du continent africain. J’avais couru, sans encore le savoir avec certitude, une édition qui allait entrer dans l’histoire.
Par Florent Despréaux
Date d’observation :
Lieu : Le Cap, Afrique du Sud

Green Point. Le Cap. L’océan à proximité. Avant de parler de kilomètres, de chrono ou de crampes, je me souviens d’abord de l’ambiance. La musique. Les DJ. Le rythme. Les coureurs rassemblés. Cette énergie très particulière des minutes qui précèdent un marathon.
Au départ, c’est une fête
Cape Town avait quelque chose de festif. Et ce matin-là, il y avait aussi un enjeu que nous avions tous en tête : cette édition devait permettre au marathon de franchir sa dernière étape d’évaluation pour intégrer les Abbott World Marathon Majors. Nous n’étions donc pas seulement au départ d’un marathon. Nous participions aussi, potentiellement, à une page de son histoire.
Puis le marathon reprend ses droits
Pour moi, les conditions ont rendu la course éprouvante. Chaleur et humidité ont progressivement pesé sur l’organisme. Dans le groupe de Français avec lequel je participais, beaucoup ont commencé à souffrir de crampes dès la moitié du marathon. Ce qui m’a marqué, c’est que même certains des meilleurs coureurs parmi nous se sont fait surprendre. Pour plusieurs, la fin de course s’est transformée en gestion : courir lorsque le corps l’acceptait, marcher lorsqu’il fallait récupérer, puis repartir. À cet instant, le chrono devient beaucoup moins important. Il reste une chose : aller chercher la ligne.
Quand chaleur et humidité changent l’effort
Courir produit énormément de chaleur. Pour maintenir sa température, l’organisme utilise notamment l’évaporation de la sueur. Lorsque la chaleur et l’humidité limitent la capacité à dissiper cette chaleur, la contrainte thermique et cardiovasculaire augmente et l’intensité que le coureur peut maintenir peut diminuer. La transpiration entraîne également des pertes d’eau et d’électrolytes, principalement du sodium. Mais les besoins varient fortement d’un coureur à l’autre, et les crampes ne peuvent pas être résumées à un simple manque de sel : la fatigue musculaire joue également un rôle important.
Une étoile… provisoire
Avant la course, Abbott World Marathon Majors avait annoncé que les finishers du Cape Town Marathon 2026 recevraient une étoile provisoire. Cape Town devait encore réussir sa seconde évaluation avant d’intégrer officiellement la série.. Lorsque je franchis la ligne le 24 mai, rien n’est donc encore acquis. Je suis finisher, j’ai ma médaille, mais Cape Town n’est pas encore un Major.
Dix-sept jours plus tard
Le verdict tombe le 10 juin 2026. Cape Town a réussi son évaluation. Abbott World Marathon Majors confirme que le Sanlam Cape Town Marathon rejoindra la série en 2027. Il en deviendra le huitième membre et surtout le premier Abbott World Marathon Major du continent africain. Sa première édition avec ce statut est programmée le 23 mai 2027. Tout à coup, cette médaille raconte autre chose.
Et pendant ce temps, devant…
Pendant que nous gérions nos propres batailles au milieu du peloton, une autre histoire s’écrivait à l’avant. L’Éthiopien Mohamed Esa remportait la course en 2 h 04 min 55 s, établissant un nouveau record du parcours. Sa compatriote Dera Dida remportait la course féminine en 2 h 23 min 18 s. Eliud Kipchoge était lui aussi présent pour son premier marathon officiel couru sur le continent africain. Il terminait 16e en 2 h 13 min 29 s.

Cette médaille n’est plus tout à fait la même
Aujourd’hui, quand je regarde cette médaille, je ne vois pas uniquement un marathon terminé. Je me souviens du départ en musique, de la chaleur, de l’humidité, des premières crampes dans notre groupe, de ceux qui couraient encore, de ceux qui marchaient et de ceux qui repartaient. Et de cette obsession très simple qui finit par unir beaucoup de marathoniens lorsque la journée ne se déroule plus comme prévu : terminer.
Dix-sept jours après avoir franchi cette ligne, notre étoile provisoire changeait de statut. Cape Town entrait dans les Majors. L’Afrique obtenait son premier Major. Et cette médaille devenait le souvenir d’une course à laquelle j’étais venu participer comme marathonien… et dont je suis reparti, sans encore le savoir, comme témoin d’une petite page de l’histoire du marathon.
Sources
- Sanlam Cape Town Marathon becomes a MajorAbbott World Marathon Majors · Abbott World Marathon Majors · 10 juin 2026
- Cape Town 2026 finishers will receive provisional starAbbott World Marathon Majors · Abbott World Marathon Majors
- Most Successful Sanlam Cape Town Marathon Sets Scene for Majors StatusSanlam Cape Town Marathon · Sanlam Cape Town Marathon · 26 mai 2026
- IOC consensus statement on recommendations and regulations for sport events in the heatBritish Journal of Sports Medicine · British Journal of Sports Medicine