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Internet passe sous les océans : comment fonctionnent les câbles sous-marins ?

On parle de Wi-Fi, de 5G, de satellites et de cloud comme si Internet était immatériel. Pourtant, lorsque nos données voyagent entre les continents, elles empruntent principalement des câbles posés au fond des océans.

Par Florent Despréaux

Gros plan sous-marin d’un câble noir posé sur un fond de coquillages, avec un ruban gradué servant d’échelle.
Câble électrique sous-marin observé sur le site d’essai hydrolien de Paimpol-Bréhat, en 2013. Cette photographie illustre la matérialité d’une infrastructure posée sous l’eau ; il ne s’agit pas d’un câble de télécommunications. © Olivier Dugornay (Ifremer), CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), plus de 99 % du trafic international de données passe par des câbles sous-marins.

De la lumière dans une fibre de verre

Au cœur d’un câble se trouvent de très fines fibres optiques. Les informations sont transformées en signaux lumineux capables de parcourir des milliers de kilomètres. Sur les grandes traversées, des répéteurs placés le long du câble permettent de maintenir le signal.

Ces fibres fragiles sont entourées de plusieurs couches de protection. À proximité des côtes, où les ancres et les activités de pêche représentent davantage de risques, les câbles peuvent être renforcés et enfouis sous le fond marin.

Autrement dit, une partie essentielle d’Internet voyage sous l’océan… sous forme de lumière.

Comment pose-t-on des milliers de kilomètres de câble ?

Avec des navires spécialement conçus pour cette mission : les navires câbliers. Le tracé est étudié avant la pose. Le câble embarqué à bord est ensuite progressivement déroulé jusqu’au fond de l’océan.

À son arrivée sur une côte, il rejoint une station d’atterrissement, elle-même connectée aux réseaux terrestres. Le lien entre deux continents est établi.

Que se passe-t-il lorsqu’un câble casse ?

Cela arrive régulièrement. L’International Cable Protection Committee recense environ 150 à 200 incidents par an. Selon l’organisation, 70 à 80 % des pannes sont accidentelles, principalement liées à la pêche et aux ancres des navires.

Une fois la panne localisée, un navire de réparation peut rejoindre la zone, récupérer le câble, remplacer ou réparer la partie endommagée puis le remettre en place.

Pourquoi ces câbles sont-ils devenus stratégiques ?

Ces infrastructures transportent les communications, les services cloud, les transactions financières et une immense quantité de données. La France occupe une position particulière dans ce réseau : Marseille compte 17 arrivées de câbles sous-marins depuis l’atterrissement de Medusa en 2025.

Ces connexions constituent à la fois un enjeu de performance, de résilience et de souveraineté numérique.

Internet semble invisible lorsque nous l’utilisons. Mais derrière un message envoyé en quelques secondes à l’autre bout du monde se trouve une infrastructure extrêmement concrète : des fibres de verre, de la lumière et des milliers de kilomètres de câbles au fond des océans.

Sources